Quand on veut transmettre l’arabe, une question surgit vite : quel arabe ? Celui des livres et des journaux, ou celui que parlent les grands-parents à la maison ? La situation de l’arabe est particulière : il existe une langue écrite commune et de nombreux parlers régionaux. Comprendre cette différence aide à faire des choix sereins.
Deux formes de l’arabe
L’arabe littéraire
On l’appelle aussi arabe standard moderne, ou fusḥā. C’est la langue de l’écrit : livres, presse, documents officiels, journaux télévisés. Il est compris dans tout le monde arabe par les personnes qui l’ont appris, et c’est lui que l’on trouve dans la plupart des livres pour enfants et des cours. L’arabe classique du Coran en est proche.
Les dialectes
Ce sont les langues parlées au quotidien, qui varient selon les pays et les régions : la darija au Maroc, les parlers algériens et tunisiens, le dialecte égyptien, les parlers du Levant ou du Golfe… Ils partagent beaucoup avec l’arabe littéraire, mais diffèrent par la prononciation, une partie du vocabulaire et la grammaire. Deux dialectes éloignés peuvent être difficiles à comprendre l’un pour l’autre.
Ce que chaque forme apporte
| Arabe littéraire | Dialecte familial | |
|---|---|---|
| Usage | Lire, écrire, étudier, médias | Parler en famille, au quotidien |
| Portée | Commune à tous les pays arabes | Propre à une région |
| Lien affectif | Plus formel | Langue des grands-parents, de l’intimité |
| Supports | Livres, cours, ressources nombreuses | Surtout oraux |
Alors, que transmettre ?
Si la famille parle un dialecte
Le dialecte est souvent le meilleur point de départ à l’oral : c’est la langue qui permet de parler avec les grands-parents et les cousins, celle qui porte l’affection. L’arabe littéraire peut venir avec les livres et, plus tard, avec la lecture et l’écriture.
Si personne ne parle de dialecte à la maison
L’arabe littéraire est un choix logique : c’est celui des livres et des cours, et il ouvre à tout le monde arabe.
Faire vivre les deux
Beaucoup de familles font naturellement coexister les deux : le dialecte à l’oral, le littéraire dans les livres. Pour l’enfant, il suffit d’expliquer : « Dans le livre, on dit comme ça ; à la maison, mamie dit comme ça. » Les enfants comprennent très bien qu’une langue a plusieurs registres, comme le français parlé et le français écrit.
Exemples de différences
Quelques exemples généraux, qui peuvent varier selon les régions :
- « Je veux » : urīdu en littéraire, bghit au Maroc, ʿayez en Égypte.
- « Qu’est-ce que c’est ? » : mā hādhā ? en littéraire, ach hada ? au Maroc, shu hayda ? au Liban.
Pour les noms d’objets simples, comme kalb (chien) ou bāb (porte), les formes sont souvent proches.
Questions fréquentes
Apprendre les deux va-t-il perturber mon enfant ?
Les enfants s’adaptent bien à différents registres. Ils peuvent mélanger au début, puis apprennent à distinguer selon les situations.
Les livres en arabe littéraire sont-ils utiles si nous parlons darija ?
Oui. Vous pouvez les lire tels quels, ou les raconter en darija en vous appuyant sur les images. L’enfant découvre ainsi les deux formes.
Quel arabe pour lire le Coran ?
Le Coran est en arabe classique, proche de l’arabe littéraire. Les familles qui souhaitent que l’enfant le lise s’appuient en général sur l’apprentissage de l’alphabet et de la lecture en arabe littéraire.
Pour aller plus loin
Pour transmettre l’arabe au quotidien, lisez Transmettre l’arabe sans bien le parler soi-même et notre guide complet pour les parents. L’imagier Mes premiers mots en arabe de Mr Taoufik présente chaque mot en français et en arabe ; la famille peut le compléter à l’oral avec les mots de son propre dialecte.