Quand on veut faire grandir son enfant avec l’arabe et le français, on entend beaucoup d’avis, parfois contradictoires, de la famille, des amis ou d’autres parents. Certaines idées reviennent très souvent et peuvent décourager. Voici cinq idées reçues, et ce que l’on peut raisonnablement en dire.
Idée reçue n°1 : « Deux langues, ça va l’embrouiller »
Dans le monde, une grande partie des enfants grandit avec plusieurs langues. Les enfants sont capables de distinguer les langues qu’ils entendent et d’apprendre à utiliser chacune selon la personne ou la situation. Ils peuvent mélanger au début, ce qui est fréquent et fait partie de l’apprentissage, pas d’une confusion.
Idée reçue n°2 : « Il faut attendre qu’il parle bien français »
Les deux langues peuvent être présentes dès la naissance. Attendre que le français soit solide revient souvent à introduire l’arabe quand le français domine déjà tout, ce qui rend la deuxième langue plus difficile à installer. Il n’est jamais trop tard, mais il n’est pas nécessaire d’attendre.
Idée reçue n°3 : « Il va parler plus tard »
Les enfants bilingues commencent généralement à parler dans les mêmes délais que les autres, avec de grandes différences d’un enfant à l’autre, comme chez tous les enfants. Leur vocabulaire est réparti entre deux langues : il peut sembler plus petit dans chaque langue prise séparément, tout en étant riche au total. En cas d’inquiétude, l’avis d’un médecin ou d’un orthophoniste permet d’y voir clair, en tenant compte des deux langues.
Idée reçue n°4 : « Apprendre l’alphabet arabe va gêner sa lecture en français »
Beaucoup d’enfants apprennent à lire dans deux écritures différentes. Ils peuvent avoir besoin d’un peu de temps pour bien distinguer les deux sens de lecture, mais chaque écriture trouve sa place. Si l’enfant rencontre des difficultés en lecture, parlez-en avec son enseignant pour adapter le rythme.
Idée reçue n°5 : « Si je ne parle pas bien arabe, c’est inutile »
Un parent qui maîtrise peu l’arabe peut tout de même transmettre beaucoup : l’envie, des mots du quotidien, des chansons, des livres bilingues, et l’accès à d’autres locuteurs comme les grands-parents ou des cours. Même partielle, une langue transmise reste une richesse.
Ce qui compte vraiment
- La quantité d’exposition : plus l’enfant entend l’arabe, plus il progresse.
- La régularité : un peu chaque jour.
- Le besoin : des personnes avec qui il doit parler arabe.
- Le plaisir : jeux, histoires, chansons.
- La patience : une langue s’apprend sur des années.
Questions fréquentes
Mon entourage me déconseille l’arabe, que répondre ?
Vous pouvez expliquer que de très nombreux enfants grandissent avec plusieurs langues et que c’est un choix familial réfléchi. Vous restez les mieux placés pour observer votre enfant.
Faut-il prévenir l’école que mon enfant est bilingue ?
C’est utile : l’enseignant comprendra mieux certaines situations, comme un mot arabe glissé dans une phrase en français.
Le bilinguisme présente-t-il des avantages ?
Il permet au minimum de communiquer avec plus de personnes, notamment la famille, et d’accéder à une autre culture. C’est déjà beaucoup.
Pour aller plus loin
Lisez À quel âge commencer l’arabe avec son enfant ? et Mon enfant mélange le français et l’arabe. L’imagier Mes premiers mots en arabe de Mr Taoufik présente chaque mot dans les deux langues, pour accompagner ce double apprentissage.